Aujourd’hui nous faisons principalement de la route. Plutôt que de quitter Sauðárkrókur par le sud où nous étions arrivés, et de reprendre la route 1 pour continuer vers l’Est, nous décidons de longer la côte: c’est plus long mais nous avons gagné du temps hier donc nous pouvons nous le permettre; et cela nous donnera une idée des fjords du nord. Malheureusement cette journée ne fut pas des plus radieuses, le ciel est resté très bas toute la journée et il a plu un peu à partir de la fin de l’après midi. Du coup, le paysage n’était sans doute pas aussi beau qu’il aurait pu l’être.
Nous faisons une petite halte à Hólar, une petite université spécialisée en agronomie fondée en 1882, isolée au fond d’une vallée, un peu en retrait de la côte. Au milieu des bâtiments, une ferme en tourbe en cours de restauration. Ces bâtiments sont caractéristiques de l’architecture médiévale islandaise. Ils sont axés sur un étroit couloir qui part de la porte d’entrée et le long duquel sont alignés plusieurs bâtiments perpendiculaires. Le toit descend jusqu’au sol ou presque. Ca fait un peu bunker de l’extérieur mais l’intérieur en bois est plutôt accueillant. Impossible pour moi de ne pas penser immédiatement aux maisons des Hobbits du Seigneur des Anneaux…
Nous faisons ensuite un petit tour entre les quelques les bâtiments de l’université et nous finissons par une petite visite de l’église, sous un plafond de nuages obstinément compact.
Nous empruntons la route 76 vers Siglufjörður, la ville la plus au nord d’Islande, à seulement 40km du cercle polaire. Située à l’époque au bout de cette route 76 en cul-de-sac, Siglufjörður a connu son essor dans les années 50 avec la pêche au hareng avant que ce dernier ne déserte les côtes islandaises, éteignant l’activité et la ville. Aujourd’hui il reste un musée du hareng et une petite ville toujours endormie qui pêche maintenant la crevette. En 2010 un tunnel à travers la montagne mis fin à l’isolement de Siglufjordur en la reliant à l’est avec Ólafsfjörður (bravo au Routard qui nous le signalait contrairement à notre carte routière Rough Guides pas à jour). Nous empruntons ce tunnel (deux sections de 3 et 7km) puis une petite route côtière sous un ciel un peu moins chargé de ce côté. Le tunnel est moderne et à deux voies mais par la suite on en traversera de plus anciens dans lesquels par mesure d’économie il n’y a qu’une voie unique et des bateaux pour se ranger quand une voiture arrive en sens inverse. Si le bateau est à notre droite c’est à nous de nous ranger. C’est assez bizarre de rouler dans un tunnel à peine éclairé avec une voiture qui arrive en face et qui se range au dernier moment, mais on s’y fait. Nous faisons une petite pause repas au Kaffi Rauðka (l’éternelle soupe du jour aux asperges pour Emilie et une crêpe de 1kg au jambon-maïs-fromage-riz-sauce bbq pour moi) et en profitons pour visiter le petit port.
Nous passons notre millième kilomètre cumulé juste avant d’arriver à Akureyri, seconde ville du pays (hors banlieue de Reykjavik) avec ses 18000 habitants. En arrivant, on fait un break courses dans une zone industrielle peu engageante, puis on se dirige vers le (petit) centre. On y trouvera une rue (Brekkugata) avec 3 ou 4 guesthouses en enfilade. Après un rapide coup d’oeil dans le Routard, on opte pour la Gula Villan (« la maison jaune ») qui propose une chambre double en sac de couchage pour 8800 isk. La chambre est à l’entresol (après tout, comme ça on ne sera pas réveillés par la lumière du jour) et comporte 5 lits mais la dame nous promet qu’on l’aura juste pour nous. Une fois payé on repart se balader.
Le timing n’est pas idéal pour faire les boutiques vu que nous sommes dimanche, nous partons donc tester la piscine municipale qui est, d’après les guides, l’une des plus belles du pays. Effectivement pour quelques 450 isk chacun, on a accès à de magnifiques bassins extérieurs à 29°, des hot tubs à différentes températures dont un à 42°, un hammam, des jets d’eau, des toboggans et diverses mares pour enfants avec un sol mou et une eau à 35° dans lesquelles on aime larver, même si on a plus de 18 mois… Après avoir déployé nos superbes crawl (enfin surtout Emilie) et compris la douleur des homards dans le hot tub à 42°, on retourne en centre ville sous la pluie pour boire chacun une pinte de Gull bien méritée. On choisit pour cela un café super cosy, le Blaa Kannan, dans une grande bâtisse bleue sur la rue commerçante.
De retour à la guesthouse nous utilisons la cuisine pour préparer le repas et faisons la connaissance de Mélanie et Charlie, deux symathiques français qui font eux aussi un tour du pays en 15 jours.
Kilométrage : 207km


