Jour 11 – Jökulsarlon et Skaftafell
Grand soleil aujourd’hui, à croire que Quelqu’Un a entendu Emilie râler hier… Le couple d’allemands qui partageait notre guesthouse est parti tôt, nous avons donc la maison à nous quand la dame vient nous apporter son rúgbrauð tout chaud sorti du four. Avec de la confiure maison c’est un vrai régal au petit déj!
Avant de partir, nous irons dire au revoir à la tenancière qui refusera gentiement de nous donner sa recette du rúgbrauð, secret familial depuis 2 générations semble-t-il (il faudra se contenter des quelques recettes qu’on peut trouver sur le net mais ça n’a sans doute pas le même niveau)… par contre comme nous étions seuls dans la maison, on a le droit de repartir avec tout le pain du jour!
Juste à la sortie de la guesthouse, une piste de quelques 5km se rapproche de ce bras du glacier qui plonge dans un petit lac dans lequel flottent quelques blocs de neige glacée rayée de sable noir. On remarque une expo photo étonnante, de jolis clichés noir et blanc disposés à même le sol, pris sur ce même lieu et plaqués sur des dalles de béton, pour éviter qu’ils s’abîment ou se fassent la malle. J’aime bien le concept.
Le temps est magnifique, c’est un vrai émerveillement de longer la côte sud en enchaînant les langues du glacier.
Prochaine étape que j’attendais pas mal: le Jökulsárlón, un lac formé comme le précédent par la fonte d’une langue du glacier. Situé à ras de la route 1 il offre un paysage glaciaire si facile d’accès qu’il est constamment utilisé à la télé et au cinéma (notamment pour Batman Begins, Tomb Raider et deux James Bond: Dangereusement vôtre et Meurs un autre jour). Les bouts de glacier sont bleutés, blancs et striés de noir (le basalte). L’eau du lac, qui touche la mer, est moitié salée, moitié pure. On repère quelques petits phoques mais ils sont difficiles à photographier. A noter cependant, autre conséquence de l’accessibilité du lieu, un parking bondé et une rotation constante de promène-couillons amphibies qui crachent des gros nuages de fumée noire et pourrissent la quiétude du lac. Dommage. Plus loin sur la route, des chemins permettent de se rapprocher de la rive à des endroits moins noirs de touristes.
De l’autre côté de la route, l’embouchure sur la mer, avec une plage de sable noir parsemée de galets gris et de petits bouts de glace scintillants (car il fait toujours grand beau). Quelques sternes arctiques sont là également.
On fait quelques pauses pour prendre des photos et manger des sandwiches pain de mie/gouda/concombre/rillettes d’agneau, avant d’arriver à notre escale du jour : le parc national de Skaftafell.
Etant donné qu’il est encore tôt, l’immense camping est quasiment vide, nous en profitons pour bien choisir notre emplacement (une formule d’Emilie basée sur un barycentre entre la table de camping et les sanitaires multiplié par le coefficient d’isolement des buissons et pondéré par l’indice de platitude du sol). Puis nous allons payer dans le centre d’accueil qui combine restaurant, magasin de souvenirs et expo sur le glacier avec un petit film sur l’impressionnante éruption sous le glacier qui a eu lieu en 1996 et provoqué une inondation énorme. Les cartes des randos du coin sont payantes (les naïfs), mais c’est pas grave on a le gps et les sentiers sont flêchés. Par contre les douches et internet aussi et ça on fera plus difficilement sans.
Nous avons le temps de faire une petite rando d’environ 2h pour aller voir deux chutes d’eau: Hundafoss (la chute des chiens) et Svartifoss, très photogénique dans son orgue basaltique rappelant une version condensée de Hengifoss. Devant cette dernière, des jeunes visiblement pas islandais travaillent sur un chantier d’aménagement d’un ponton en bois.
Kilométrage : 147km
